Enfance à la ferme au Mont de Bolbec

Je suis né le jour de Pâques, le 25 Mars 1951.
Notre mère était très croyante dans la foi et tradition catholique, la pratique religieuse était une priorité très claire pour notre famille.
Participer à la messe et recevoir la communion tous les dimanches était un rituel bien établi.
Maison de la ferme du Mont de Bolbec au Nº1 route de Raffetot.
Au sujet de la maison pendant mon enfance
En bas, le couloir, à gauche, une grande salle avec cheminée et une petite pièce pour les bouteilles à vin, au fond du couloir, une pièce pour les outils. A droite, la grande cuisine avec la cheminée, une arrière cuisine avec l´évier, une salle avec cheminée et la laiterie.
En haut, à gauche, une grande chambre avec cheminée, et deux petites chambres, à droite, deux chambres avec cheminée, une petite chambre et une salle de bain avec une baignoire et un lavabo.
Un grenier, avec trois lucarnes, une cave, une buanderie avec cheminée où on faisait le beurre et un grenier au-dessus. Pas de toilette-WC, dans la maison, il y avait une latrine à seau derrière la maison, en cas de besoin la nuit, nous avions un seau ou un pot de chambre.
L´Eglise

Le Mont de Bolbec, est à la périphérie de la ville de Bolbec et l´église est à environ 2 km de la maison. C´est là que je fus baptisé, que nous allions à la messe tous les dimanches et que j´ai fait ma communion solennelle.
Eglise Saint Michel de Bolbec
Devant le premier tracteur


A côté de mon frère aîné (1952)
Entre mon frère aîné Désiré et mon frère cadet Sylvain (1954)

Mon frère aîné prit la photo, à partir de droite: moi, Sylvain, Damien, Thérèse et Clément

A côté de la Peugeot 404 Familiale près à partir pour la messe
Selon ma mère, quand j´étais bébé, je pleurais des pendant heures tous les jours pendant une longue période. Elle n´arrivait pas à me calmer, le résultat est marqué dans ma lèvre inférieure qui dévie vers la droite quand j´ouvre la bouche. Et aussi je fus très tardif pour commencer à parler vers quatre ans.
Peut-être ma mère était très occupée et devait m´abandonner seul dans mon berceau pour aller travailler à la ferme? je ne sais pas les raisons exactes. J´imagine qu´en plus de mon frère aîné, bébé de moins de deux ans, elle devait faire beaucoup de travaux, deux fois par jour aller traire les vaches, passer le lait à l´écrémeuse, puis laver l´écrémeuse, donner à manger aux poules, aux lapins, une fois par semaine faire le beurre, laver le linge, l´étendre, faire le ménage, faire le jardin, l´hiver allumer et maintenir le feu.... etc....
Des difficultés au début de mon enfance
Scolarité
1953-57 - Très tôt vers deux ans, j´ai commencé à aller à l´École Maternelle Elisabeth, dans le quartier à environ 500 m de la maison, dans la cité Lemaître.
1957-61 - Ensuite avec mes frères aîné et cadet, nous allions à pied, en descendant la côte, vers le centre ville de Bolbec, qui est au fond d´une vallée (cuvette), pour aller à l´école primaire Saint-Michel (catholique) à environ 1,5 km de la maison, pour revenir, c´était plus fatigant pour remonter la côte. Le prêtre de la paroisse venait pour nous donner des cours de catéchisme.
1961-63 - Après le Cours Moyen CM2, ma
mère m´inscrit en 6ième au Collège Agricole
(catholique), au château de Baclair, dirigé
par l´Abbé Gosset, j´accompagnais mon frère
aîné, qui voulait devenir agriculteur. Nous
allions en vélo, il fallait pédaler environ 2 km,
passer sur le pont près de la Gare de Nointot,
puis tourner à droite dans le chemin du parc.
Je n´étais pas intéressé de devenir agriculteur,
je quittai après la 5ième.

1963-66 - Ma mère chercha un autre collège catholique, elle trouva l´école Bobée à Yvetot, je devais prendre le train tous les jours, aller en vélo jusqu´à la gare de Nointot, à 1,2 km de la maison, descendre à la gare d´Yvetot, puis marcher environ 1 km jusqu´à l´école Bobée. j´ai redoublé la 5ième, passé le CEP (Certificat d´Études Primaires), fait la 4ième, la 3ième et passé le BEPC (Brevet d´Études du Premier Cycle). Le directeur Mr Ternon était très chrétien, il nous demandait d´écrire en haut de la page de notre cahier la devise de Jeanne d´Arc: "Messire Dieu, premier Servi."


1966-69 - Je suis devenu interne au Lycée Technique du Havre-Caucriauville, du lundi au samedi midi, en classe de Seconde Technique. Pour la première fois de ma vie, je fus séparé de mon milieu familial et traditionnel pour me retrouver dans un environnement incroyant et libertin. J´éprouvais une grande timidité, je me sentais comme un croyant clandestin. Je passai en 1ère F3 électrotechnique et en Terminale pour obtenir le Bac de Technicien F3.

Classe de Seconde au
Lycée Technique de Caucriauville (1966-67)
1ère rangée, assis, le 2ième à partir de la droite.
1969-70 – Je devins étudiant à l´Institut Universitaire de Technologie (IUT), juste à côté du Lycée, dans le département Génie Electrique, mais le niveau était bien avancé, surtout en mathématique, je ne réussis pas à accompagner. Je ne fus pas admis en deuxième année.
1970-72 – Je transférai à l´IUT de Mont Saint-Aignan,
près de Rouen, dans le département de Mesures
Physiques. Je me retrouvais dans un univers nouveau,
je devenais résident à la Cité Universitaire, un
« village » d´étudiants, où toutes les Facultés étaient
réunies sur un campus, avec plusieurs immeubles
de chambres d´étudiants, un restaurant universitaire,
une bibliothèque, des gymnases…etc. J´obtins le
Diplôme Universitaire de Technologie (DUT).



1972-73 – Pour continuer « la belle vie » et maintenir les privilèges d´étudiant boursier qui donnent droit au logement et au restaurant, je m´inscrivis à la Faculté des Sciences, mais je ne fréquentais pas les cours. Par contre, je m´inscrivis aussi aux cours du Conservatoire des Arts et Métiers (CNAM), qui sont le soir et le samedi, pour étudier l´électronique. Le but aurait été de continuer les études techniques supérieures pour devenir ingénieur, je fis seulement une année.


1973-74: Au retour de mon premier voyage aux Indes, je m´inscrivis à la Faculté des Lettres, début Octobre, pour continuer à recevoir les bourses, avoir le logement en cité Universitaire et les tickets restaurants. Mais je perdis la motivation pour étudier. Je ne me souviens plus de mon emploi du temps ??? Je devais me préparer pour le prochain voyage, je ne me souviens plus comment j´ai préparé le budget pour repartir ???
Petits boulots
1969 – Pendant les vacances d´été, mon oncle, propriétaire d´une boucherie à Saint Valéry en Caux, m´invita à faire un stage à l´entreprise Vibra techniques, pendant mon séjour, il me demanda pour aider la caisse, les week-ends.
1973 de Mars à Mai – Je fus embauché comme monteur électricien avec la société de personnel intérimaire Armor Marine de Petit – Couronne, le chantier était dans l´Institut Pasteur, à Incarville près de Louviers.
1973 de Mai à Juin – Maitre Auxiliaire de mathématiques au Lycée de Barentin, en suppléance d´un autre professeur qui était en congé.
1973 en Septembre, saison des vendanges dans la région de Cognac.

1971-72 – Pendant les vacances de Pâques et en Juillet à la centrale de la raffinerie de la Mobil Oil Française à Notre-Dame de Gravenchon, les horaires étant les 3x8 : de 6h à 14h (matin) ; 14h à 22h (soir) et de 22h à 6h (nuit)
Voyages

A gauche, l´autorisation de sortie du territoire Français pour mineur, pour mon 1er voyage à l´étranger en 1970.
A droite le 2ième en 1971.

Noel 1970 – Vacances en Angleterre, avec le groupe de la Maison des Jeunes de Notre Dame de Gravenchon, je fis mon premier voyage à l´étranger, dans la ville jumelle Street dans le Somerset, nous logeâmes chez l´habitant. Ce voyage fut l´occasion d´ouvrir ma vision sur le monde, au-delà de ma culture régionale et nationale, ainsi que d´augmenter la confiance en moi-même pour vaincre ma timidité. Je pris goût à l´aventure, curieux et intéressé de découvrir le monde.
Juillet 1971 – Vacances en Angleterre et en Allemagne,
je me lançai dans une aventure folle, je décidai de partir
seul, en auto-stop, avec un sac à dos, une petite tente
et un sac de couchage. Je pris le ferry pour traverser
la Manche. J´avais déjà pratiqué l´auto-stop pour des
déplacements régionaux, pour aller au Havre, Rouen
et Paris.
Arrivé en Angleterre, ma destination n´était pas précise,
quand une voiture s´arrêtait pour me prendre, le
conducteur demandait : « Où allez-vous ? » Il était surpris
de ma réponse : « Dans la même direction que vous ! »
Je montai ma tente dans un camping, un bon endroit pour
faire des rencontres.
Je fus intéressé par l´annonce d´un grand festival
de musique pop, nous étions juste un an après le grand
festival de l´Île de Wight de 1970, qui attira une foule
de 600 à 700.000 « hippies », qui suivait le grand festival
rock de Woodstock de 1969. A la fin du festival pop,
l´audience fut invitée pour un autre festival qui eut lieu
en Allemagne. Je partis en auto-stop vers la côte d´Est
et pris un ferry pour la Hollande et poursuivis ma route
jusqu´au lieu du festival. Je terminai mon voyage
en auto-stop pour revenir en Normandie.

Photo illustrative d´un auto-stopper

Festival de l´Île de Wight
Aout 1972
Avec deux amis, Max et Michel de l´IUT, nous sommes partis en voyage en voiture Renault 4L, avec un petit budget, seulement pour l´essence, la nourriture, la nuit, nous dormions dans notre sac de couchage. Nous avons pris la direction du Sud vers l´Espagne, jusqu´à Gibraltar. Puis le ferry jusqu´à Ceuta et nous débarquâmes au Maroc. Nous avons visité, Rabat, Casablanca et Marrakech, j´ai un bon souvenir du thé à la menthe sucré, qui est considéré comme symbole d´hospitalité.
C´était la première fois de ma vie que j´entrai en contact avec la culture musulmane, un autre monde, je fus frappé par les différences de tradition, de croyance, de comportement, spécialement la distance avec les femmes,
j´étais curieux et intéressé d´entrer dans les mosquées. Nous avons continué l´aventure, traversant les montagnes de l´Atlas vers Ourzazate et jusqu´au désert de dunes de sable doré géantes. Jusqu´au panneau qui indiquait Tombuctu à 50 jours de distance pour les caravanes de chameaux qui traverse le Sahara. Sur le chemin du retour, nous avons eu un problème avec le moteur de la voiture R4L, qui a surchauffé et un piston a cassé, en montant une piste de grosses pierres et fortement inclinée.


Deuxième voyage em Renault 4L - Été 73
Pour notre deuxième voyage en Renault 4L, nous avons choisi la Grèce, cette fois-ci, j´avais pris mon sac à dos, j´avais prévu d´accompagner Max et Michel à l´aller jusqu´en Grèce, puis après de partir seul jusqu´à Istanbul.
Nous avons pris la route vers le nord de l´Italie, puis la Yougoslavie, qui était un seul pays avant 1992, de la Slovénie jusqu´à la Macédoine, qui fait frontière avec la Grèce.
La Grèce attire beaucoup de visiteurs à cause de sa glorieuse histoire, la beauté de ses paysages, ses couchers de soleil, son climat et le ciel bleu.
Nous avons découvert un endroit spectaculaire dans le nord du pays qui est le site des Monastères des Météores, des refuges situés au sommet de pitons rocheux, très impressionnants, près de Kalampaka.
Nous avons visité la capitale Athènes, avec la colline de l´Acropole et son Parthénon, une des plus anciennes villes du monde qui a survécu plus de 2500 ans d´histoire. Ensuite, nous avons continué ensemble jusqu´à Thessalonique, puis je quittai mes compagnons et poursuivis mon voyage seul vers Istanbul.

* J´ai envoyé une lettre pour informer mes parents, de mon voyage à Istanbul, ils furent très surpris et inquiets de cette décision…
Premier voyage aux Indes
Une nouvelle aventure commença pour moi, en arrivant à Istanbul, je me trouvais sur la route des hippies, c´était un carrefour et une étape des voyageurs en provenance des grandes villes de l´Europe, avant de poursuivre le voyage vers le continent asiatique. Le « pudding shop » (café-restaurant) était populaire à partir des années 60, la plupart des clients étaient des hippies qui revenaient ou allaient vers les Indes et le Népal.

En écoutant les histoires et les expériences de ceux qui revenaient, puis l´enthousiasme de ceux qui se préparaient à prendre la route, plusieurs nouveaux copains rencontrés à Istanbul m´attirèrent à partir sur la route des Indes.
Nous avons commencé en train pour traverser la Turquie, jusqu´à Mashhad en Iran. En juillet 1973, la frontière de l´Afghanistan était fermée à cause d´un coup d´état. Pour continuer la route, il fallait contourner l´Afghanistan en traversant le désert en direction du sud de l´Iran, puis entrer au Pakistan par la ville de Quetta.
* J´envoyai une seconde lettre à mes parents pour donner de mes nouvelles que j´allais au Pakistan, une aventure très surprenante et inquiétante pour mes parents…
Puis après la traversée torride du désert en Iran, nous sommes arrivés au Pakistan qui a reçu des pluies torrentielles au mois d´aout 1973, qui causèrent de grandes inondations dans la vallée de la rivière Indus et rendirent les routes impraticables.
Nous retrouvâmes l´itinéraire de la « route des Indes » à Lahore, qui est la dernière étape avant de franchir la frontière pour entrer aux Indes. Après quelques jours à New-Delhi, je devais reprendre le chemin du retour, je n´avais pas les moyens financiers de continuer la route, mais j´avais atteint la destination rêvée d´être aux Indes.
Ma mère croyait que j´étais mort
J´envoyai une troisième lettre à mes parents pour les informer de mon retour, mais malheureusement ce courrier fut perdu, et mes parents n´avaient plus de nouvelles. Ma mère reçut l´information qu´il y avait des disparus et des dégâts impressionnants au Pakistan à cause du débordement du fleuve Indus. Ma mère, sans nouvelle de moi, voyant les informations à la télé, au sujet des disparus dans l´inondation, a commencé à penser que j´étais parmi les disparus…Elle propagea la rumeur dans la famille que j´étais disparu…Un mois plus tard je rentrai à la maison, comme l´enfant prodigue, considéré comme disparu et perdu. Pendant plusieurs semaines, lorsque je rencontrai un membre de la famille, je devais confronter cette grave situation, d´avoir causé une situation tant dramatique pour ma mère et la famille.
Pendant le voyage, je fis la connaissance d´un Français de la région de Cognac, qui m´invita pour la saison des vendanges en septembre 1973, un petit boulot qui me permit de recommencer à économiser pour le prochain voyage.
La Cité Universitaire de Mont Saint Aignan
Le campus universitaire est situé sur une colline accolée à Rouen, il reçoit environ 25000 étudiants, les premiers bâtiments furent construits dans les années soixante.
Un grand village de milliers de jeunes, un lieu de rencontre et de circulation d´idées, pas seulement pour apprendre, se former et se préparer pour le futur, mais aussi de contamination et de multiplication du mal et de destruction des valeurs morales.

Dans les Derniers Jours (du monde du mal) de l´histoire de l´humanité, avant l´arrivée du Royaume de Dieu, les mensonges de Satan, se répandent très vite, parmi les jeunes. Les facultés ont été envahies par les idéologies marxistes, le sexe libre, la culture hippie, la drogue… etc…
Si tous les dirigeants politiques, tout le système est corrompu… Pourquoi étudier et collaborer avec un système injuste où une minorité exploite les autres, peu à peu je perdis ma motivation pour étudier et après être embauché dans une entreprise du système… ???
A partir de la rentrée 72, je fréquentais les cours du CNAM, un ou deux soirs par semaine et le samedi matin, mais il y avait toujours une occasion de faire la fête quelques part. Après les vacances et les aventures de voyage de l´été, beaucoup de jeunes et adultes en France pensent et préparent les prochaines vacances et voyages tout au long de l´année…
Le soir à la cité U, les « boums » (fêtes) accompagnées de musique et boissons étaient fréquentes. Il y avait toujours un copain de copain qui fêtait un anniversaire, une occasion de se réunir et connaître des nouveaux amis, je revoyais souvent les mêmes têtes, des jeunes qui n´étaient pas sérieux, inconscients de l´importance de se préparer pour le futur, malheureusement ma curiosité m´a entrainé vers ces mauvaises fréquentations.
Je rencontrai des « routards », ce mot apparu en 1972, qui étaient revenus de la route des hippies, qui partageaient les expériences de voyage aux Indes.
C´est pour cela, que j´ai voulu satisfaire ma curiosité et que j´ai quitté mes compagnons de voyage en Grèce, pendant l´été 1973, et que suis parti seul vers Istanbul.
L´accident sur la RN 13 Bis
(C´était une route nationale autrefois, avant la construction de l´autoroute A 29, après elle fut renommée D6015)
Normalement le week-end je revenais à Bolbec, dans ma famille, je conduisais une vieille Dauphine Renault. La nuit précédente, j´avais très peu dormi à cause d´une soirée prolongée à faire la « fête ». Ce devait être un samedi après-midi, aux environs de Alvimare, je fus pris de fatigue, mes yeux se fermèrent, je franchis la ligne jaune, ma voiture alla dans la piste de gauche, e percuta une camionnette que venait en sens inverse. Mon véhicule traversa complètement la route e termina dans le champ de l´autre côté.

Modèle illustratif, ma Dauphine était bleue foncé
Par la grâce et protection de Deus, j´étais encore vivant, légèrement blessé à la tête en haut du front et un peu au genou. Le côté avant et gauche de la voiture complètement enfoncé, j´ai dû sortir par la porte de droite.
Quelqu´un observa le véhicule et dit : « Il s´en est sorti vivant, c´est un miracle. » A l´époque il n´y avait pas de ceinture de sécurité. Vraiment, Dieu me protégea, ce fut un avertissement ! Merci Père Céleste, je frôlai la mort, mais Il me permit de continuer à vivre…
Deuxième voyage aux Indes
Été 74 – jusqu´au début de 75
1- De la France à New Delhi
J´ai oublié beaucoup de détails, je n´ai pas de notes ni de photos de cette deuxième aventure, je suis parti sur la route, avec mon sac à dos, sac de couchage, passeport, quelques chèques de voyage de l´American Express et quelques dollars. La moyenne des dépenses prévue est d’un dollar par jour, plus les billets de train et bus.
D´abord en autostop jusqu´à Istanbul, la première escale. Puis le bus et (ou) train, vers Ankara, la deuxième escale, ensuite, vers Erzurum et jusqu´à la frontière de l´Iran. La troisième escale est Téhéran, puis Mashhad, la deuxième grande ville de l´Iran, un célèbre lieu de pèlerinage religieux, la plus grande mosquée du monde, avec un dôme turquoise et le mausolée du 8 ième Iman chiite. Après nous [la plupart du temps je me joignais à un ou plusieurs compagnons de voyage] allons vers la frontière de l´Afghanistan et nous passons Herat, je me souviens qu´au moment du coucher du soleil le bus s´est arrêté sur le bord de la route, tous les passagers descendent et mettent un petit tapis parterre pour faire la prière.
La route principale pour aller à Kaboul fait un détour au sud par Kandahar. La capitale attirait de nombreux hippies et jeunes occidentaux, à cause du haschisch (résine de chanvre – en latin – cannabis, et la marijuana sont les feuilles et les fleurs du chanvre), qui était en vente libre.
De 1969 à 1979, avant l´arrivée des troupes Soviétiques, il y avait un quartier touristique, avec plusieurs rues « Freak Street », en particulier la « Chicken Street », avec des restaurants qui avaient des menus pour les occidentaux, des desserts comme le pudding au riz, du thé à la menthe, de la musique pop, des hôtels dortoirs pour les hippies et des boutiques.
Après le séjour de Kaboul, direction la frontière du Pakistan, vers le Khyber Pass, une longue montée de 58 kilomètres sinuant entre les montagnes. La passe de Khyber est une des régions les plus violentes de l´histoire, car c´est le seul passage pour les envahisseurs qui veulent passer entre l´Asie centrale et l´Inde. Nous pouvions apercevoir des hommes, armés de fusil d´assaut, aux points stratégiques de la route.
Nous traversons le Pakistan de Peshawar à Lahore, puis vers la frontière des Indes – finalement nous arrivions à la « terre promise » qui attirait des milliers de jeunes en recherche de l´éveil spirituel.

La première ville que nous rencontrons, à une trentaine de km après la frontière du Pakistan est Amritsar. Là où se trouve le « Temple d´Or », centre spirituel et culturel de la communauté sikh. Le Sikhisme a été fondé par le Guru Nanak qui dit: « Il n'y a ni hindou ni musulman ». À ceux qui demandent alors qui ils sont puisqu'ils ne sont ni hindous ni musulmans, il répond : « vous êtes des disciples ». C'est ainsi que le mot sikh (« disciple »), se répand. Le Temple d'Or est un lieu de culte ouvert à toutes les confessions. Ils ont une immense cuisine communautaire qui sert un repas végétarien à tous les visiteurs qui passent dans le temple.

Après nous allons vers le nord, au Cachemire, une région de montagnes disputée entre le Pakistan, l´Inde, et la Chine. La vallée du Cachemire est parfois surnommée la « Suisse de l'Asie » et Srinagar, la capitale de la région, est comparée à Venise en raison de ses nombreux canaux. L’une des expériences majeures à Srinagar est de dormir dans une maison flottante « house boat », je me souviens d´avoir séjourné dans un bateau maison, mais je ne me rappelle pas combien de nuit ?
Retour vers le sud à New Delhi, la capitale des Indes, pour une courte escale. Et nous allons au Taj Mahal à Agra, 200 km sud de Delhi, qui est un mausolée de marbre blanc construit par un empereur moghol musulman.
2- Bad trip au Taj Mahal

Joyau le plus parfait de l'art musulman en Inde, cet ensemble est l'un des chefs-d'œuvre universellement admirés du patrimoine de l'humanité et l'une des sept nouvelles merveilles du monde. « Fréquemment loué comme le plus beau bâtiment du monde, reflète la Beauté absolue de Dieu ». Le mausolée occupant la place du trône de Dieu. Le plan des jardins qui mènent au Taj Mahal suit la description du paradis avec ses quatre rivières d'eau, lait, vin et miel.
C´est en cet endroit merveilleux que mes compagnons de voyage ont choisi pour faire l´expérience d´une drogue psychédélique hallucinogène, le LSD, d´origine synthétique, dérivé d´un champignon qui pousse sur les céréales. Malheureusement, je me suis laissé influencer, et je participai à l´expérience. Au lieu de partir vers une expérience mystique récréative, les hallucinations perturbants les cinq sens sont devenues incontrôlables et je partis dans un « bad trip ». Je tombai dans une angoisse et panique insupportable jusqu´à perdre conscience.
Quand je revins conscient, j´étais dans un autre endroit, j´avais fait un voyage de descente aux enfers, dans l´obscurité, je luttai, criais pour ne pas mourir, je cherchai la lumière, j´appelai au secours à Dieu : « sauve-moi !», comment sortir de cette terreur…Je fis une visite dans le monde des morts, peu à peu, je revins à la vie sur terre. Avec un cœur remerciant, un grand soulagement d´être vivant, Dieu m´a sauvé la vie. Merci Père Céleste, d´avoir eu pitié de moi, je demande pardon, je regrette, je ne recommencerai plus…Pendant plusieurs mois, de temps en temps, la sensation des angoisses me hantait, j´avais peur de repartir dans un mauvais monde, j´ai dû apprendre à contrôler mes pensées et mes sensations, pour maintenir le contrôle de mon esprit qui risquait de sortir de mon corps.
3- Katmandou et Randonnée au Nepal
La ville de Katmandou est à 1 350 mètres d'altitude, entourée d'une couronne de montagnes qui s´élèvent jusqu´à 3 000 mètres dans les contreforts de l'Himalaya. Dans les années 1960 et 70, elle était l'étape ultime de la « route des hippies ». Beaucoup s'installaient alors à Freak Street ou dans le quartier environnant. C´était le point d’arrivée de nombreux hippies, principalement originaires d’Europe et de l´Amérique du Nord. L’attraction principale était l’abondance des boutiques de drogues, surtout le haschich, disponible en vente libre dans la ville jusqu´en 1976.


Le Népal est en majorité Hindouiste, mais c´est aussi le lieu de naissance de Bouddha, nous pouvons voir la grande influence du Bouddhisme Tibétain.
Les moulins à prières dans les temples. La prière étant censée se répandre dans les airs comme si elle était prononcée. Le fidèle fait tourner les moulins avec sa main droite dans le sens des aiguilles d'une montre.
Et les drapeaux à prières, suspendus au sommet des montagnes, au croisement des chemins, sur le toit des maisons, sur les ponts, à l'extérieur des temples. Le vent qui souffle, caressant les prières imprimées, les transmet ainsi au monde spirituel.
Depuis plusieurs semaines, j´avais une dent cariée qui me faisait mal. Pendant mon passage à Katmandou, je suis allé chez le dentiste, à l´hôpital Américain. (Ou hôpital international, je ne me souviens plus du nom) Je demandai l´extraction, c´était compliqué pour soigner la carie, donc j´ai perdu une dent, de la mâchoire inférieure, qui au long des années a provoqué une déformation de la mâchoire supérieure, la dent du haut descendait dans le trou.

Depuis les années 60, le Népal a commencé à attirer des randonneurs du monde entier, avec des sentiers de randonnée qui offrent un paysage unique au monde, avec la sensation de se promener sur le toit du monde, contemplant les chaînes de l´Himalaya, et le point culminant de l'Everest, à plus de 8 800 m.
Je suis parti en randonnée pendant quelques jours, nous avions un itinéraire à suivre sur une carte, en marchant une bonne partie de la journée, en prévoyant d´arriver dans un village avant le coucher du soleil, pour trouver un hébergement et passer la nuit chez un habitant qui accueillait les voyageurs, avec la possibilité de prendre un repas. Les villages sur le parcours des sentiers de randonnée ont commencé à développer le tourisme qui est devenu la principale source de revenu des populations qui vivent dans les montagnes.
Faire du « trekking » ou de la randonnée au Népal, c´est beaucoup plus que pratiquer simplement une activité physique ou sportive, c´est l´expérience d´être en altitude, plus proche du « ciel », c´est aussi un cheminement spirituel, une méditation permanente dans un environnement naturel, loin du monde urbain, industrialisé, contemplant la beauté des paysages, c´est la révélation de la présence de Dieu, dans la merveilleuse création. (Romain 1 : 20)
Je me souviens d´une maison, où nous avons dormi sur la terre battue dans la pièce principale, avec un yak (genre de bovin à long poil de laine) dans la pièce d´à côté. Dans la région de l´Himalaya, la boisson principale est le thé salé au beurre de lait de yak, qui est toujours servi aux invités. Cela permet de se maintenir chaud et d´avoir des calories avec la graisse.
Après quelques jours de marche, sans pouvoir me laver, ni le corps ni les vêtements, je sentais des démangeaisons suspectes en dessous des habits, je réalisai que j´ai attrapé des poux. Seulement après être revenu à la ville, et pris une bonne douche et fait un bon nettoyage des habits que je pus m´en débarrasser.
Après le Népal, direction Goa, au sud de Bombay.
4 - Noel 1974 à Goa
J´ai oublié les détails du voyage, mais je me rappelle que nous avons fait un long voyage en train pour aller vers Goa. Une ancienne colonie Portugaise pendant 450 ans, les Britanniques ont colonisé les Indes un siècle plus tard. Les Indes ont annexé Goa en 1961.
Dès le début de l´ère Hippie, les plages de sable de Goa ont attiré les jeunes occidentaux, grâce à la beauté du paysage, l´ombre des palmiers cocotiers, symbole de Goa, le bon climat tropical, le bon accueil de la population locale, le haschisch à volonté, bref un paradis pour les hippies dans les années 70, où il y avait des grands rassemblements au moment des pleines lunes, de la musique, des rencontres de tous ces jeunes fuyant les contraintes du vieux monde et recherchant la nouvelle ère de « paix » et « amour », malheureusement beaucoup de ces jeunes furent victimes de l´immoralité et perdirent leur âme.
Pendant le voyage, je vis une information sur une affiche dans une gare, qui attira mon attention :
“13 ième Exposition du corps de Saint François Xavier dans la cathédrale de Goa”. Et l´évènement n´a lieu que tous les dix ans. (Nous sommes en décembre 1974)”. Ma conscience me dit que je devais aller voir.
La plupart des hippies séjournaient dans le village de Anjuna, où il y avait le café « Joe Banana », qui était le point de rencontre, pour voir les annonces, même certains donnaient l´adresse pour recevoir du courrier.
Chèques de voyage de l´American Express volés
Je fis l´erreur de garder mes chèques de voyage dans une petite pochette du sac à dos qui fermait avec une fermeture éclair. Mais heureusement je conservai les talons dans une autre pochette, sur mon corps, avec mon passeport. Quand j´arrivai à Goa je m´aperçu de la disparition, je ne sais pas si c´est au Népal ou dans le voyage en train que quelqu´un a fouillé mon sac et pris les chèques.
Avec les talons et les numéros de référence je pouvais me faire rembourser, mais l´agence de l´American Express est à New Delhi, à la capitale. Je n´avais plus d´argent liquide, je suis allé à une station-service pour camions et demandé aux routiers pour aller vers New Delhi. Je voyageai en haut du camion, au-dessus des marchandises, je ne me souviens plus en combien d´étapes, je fis le trajet d´environ 2000 km, plusieurs jours de voyage. Après le remboursement je pus retourner à Goa en train.
Repentir à la Basilique du Bon Jésus

Après quelques jours dans le village, J´allai à la Basilique du Bon Jésus, dans la vieille cité de Goa.
L´histoire de Saint François me bouleversa, originaire du pays Basque, étudiant à la Sorbonne, compagnon de Ignace de Loyola, fondateur des Jésuites, prêtre et missionnaire, il partit de Lisbonne en Avril 1541, via le Mozambique où il séjourna plusieurs mois.
Il arriva à Goa en Mai 1542, devenu l´ « apôtre des Indes », il baptisa des milliers de personnes, selon les historiens, environ 30 000 convertis, établit de nombreuses missions, forma et envoya des dizaines de missionnaires.

Le plus grand apôtre depuis Saint Paul. Il réalisa de nombreux miracles, dont 32 épisodes sont gravés sur des plaques d´argent, disposées autour de son tombeau.
Il fut enterré en Décembre 1552, à l´âge de 46 ans, à la suite d´une fièvre, puis après deux mois et demi, exhumé, son corps fut retrouvé miraculeusement conservé, et actuellement visible dans une boîte vitrée, dans la Basilique du Bon Jésus.
Je fus pris d´une grande émotion, je m´agenouillai dans un banc pour prier, et j´eus un acte de repentir profond avec beaucoup de larmes que je ne pus contrôler. Le verset biblique qui convertit Saint François “À quoi sert un homme s'il gagne le monde entier et perd son âme ?” (Mc 8 :36) Était en train de me convertir. Je pris la résolution de revenir vers la Volonté de Dieu, je compris que Dieu me protégea, que je devais utiliser ma vie au service de Son Royaume.
La voix de ma conscience me disait clairement que Dieu m´avait protégé deux fois de la mort, de l´accident de voiture et du « bad trip » de LSD, je suis vivant c´est uniquement par la grâce de Dieu, donc si je ne changeais pas, je perdrai ma vie. Je dois prendre exemple sur la vie de Saint François, et les autres saints, je ne peux plus continuer à gâcher ma vie précieuse.
Début Janvier 75, le moment est venu de prendre le chemin du retour, direction Delhi, en train, puis en bus vers le Pakistan (Lahore, Peshawar), Afghanistan (Kabul, Herat), Iran (Téhéran) et jusqu´à la frontière de la Turquie, avec le peu d´argent qui me restait.
Après j´ai fait du camion-stop à partir de la frontière Iran-Turquie, quelques fois le chauffeur s´arrêtait à l´heure des repas et m´offrait à manger, si non je devais demander de la nourriture aux gens que je rencontrais, faire l´expérience d´être mendiant. Puis avoir la foi que Dieu va me permettre de rencontrer des bonnes personnes qui vont m´aider. La nuit je dormis à la belle étoile, en quelques jours, je traversai la Turquie jusqu´à Istanbul, puis la Grèce vers Thessalonique et l´île de Corfou. Je pris le Ferry jusqu´à Brindisi et débarquai en Italie.
Vers le tunnel du Mont-Blanc, j´eu la chance, une sorte de miracle, de rencontrer un camion qui allait en Seine-Maritime, à quelques km de ma destination finale. Un grand merci au Père du Ciel qui me protégea et s´occupait de moi.
5 - Retour - début 75
Retour à la maison et à la ferme des parents - 1975
Après six mois de voyage à l´étranger en marge de la société
Qu´est-ce que je vais faire de ma vie ? Depuis 1973, j´avais perdu la motivation pour suivre une carrière dans la société industrielle, j´ai une formation pour travailler dans l´industrie, j´ai reçu mon Diplôme Universitaire de Technologie en spécialité « mesures physiques ». J ´avais commencé les cours au CNAM, pour être ingénieur, mais j´ai abandonné. Et je n´étais pas du tout intéressé de chercher un travail dans cette branche.
En attendant d´avoir une idée plus précise pour ma vie « professionnelle » je vais travailler à la ferme. Toute ma famille travaillait dans l´agriculture depuis des générations. Mais le monde agricole passait par une grande transformation. Surtout depuis les années soixante, c´est toute la société qui passait par une grande transition, avec l´exode rural, et la grande industrialisation qui a pris d´assaut aussi le monde agricole. Les écoles d´agriculture, ont commencé à enseigner et à former des ingénieurs agronomes et des techniciens agricoles pour promouvoir les méthodes pour augmenter la production quantitative des cultures de blé, betterave, lins, maïs …etc…
Pour produire plus, il faudra augmenter la monoculture, pour rentabiliser les machines, acheter les semences spécialement conçues pour des grands rendements, répandre des engrais chimiques, utiliser des désherbants chimiques et des insecticides.
Dans notre famille nous savions que cette agriculture « moderne » empoisonne les êtres humains qui consomment les aliments contaminés par les produits chimiques. Ma mère qui souffrait depuis des années de polyarthrite chronique, se soignait en homéopathie et ne supportait pas les aliments en provenance d´agriculture chimique.
Agriculture biologique et Écologie
Mon jeune frère Damien, âgé de 18 ans, était intéressé par le jardinage et l´agriculture biologique, nous avons pris contact avec des associations et mouvements d´agriculture biologique, qui commençaient à se former. Nous voulions que notre ferme produise du blé biologique, je me souviens que notre boulanger faisait du pain bio.
En plus du jardinage et de l´agriculture, j´entrais en contact avec le mouvement écologique. Je participai à une manifestation qui s´opposait à la construction de la centrale nucléaire de Paluel. Les manifestants étaient assis devant l´entrée du chantier, et nous fûmes évacués par les CRS.
Objecteur de conscience
A partir des années 70, le Mouvement non violent prenait de l´ampleur, ainsi que le mouvement des objecteurs de conscience qui soutenait la lutte des paysans du Larzac. Lanza del Vasto, disciple de Gandhi, fonda la Communauté de l´Arche en 1948. Il rencontra le Mahatma en 1937, fit le pèlerinage aux sources du Gange, dans l´Himalaya. Il reçu une vision pour accomplir une mission de paix. Il voulait dépasser sa foi chrétienne et mettre en pratique le Sermon sur la Montagne de Jésus. Et assimiler la doctrine de l´ « ahimsa » qui siginifie non-violence et respect de la vie.
Je lus le livre « Stratégie de l´action non violente » (publié en 1972) de Jean Marie Muller, apôtre de la non violence et pionnier de l´objection de conscience en 1967. Je me préparais idéologiquement pour faire ma demande d´objecteur de conscience en écrivant una lettre au Ministère de la Défense.
Ma demande fut acceptée, mais à la place de faire un an de Service Militaire, je serai affecté pour deux ans de Service Civil à l´Office National des Forêts (ONF). Je connaissais des objecteurs qui refusaient de faire les deux ans de Service Civil à l´ONF, mais voulaient faire un Service Civil de leur choix.
Des amis du Mouvement pour une alternative non-violente, dans la région du Havre ont organisé un voyage pour rechercher les possibilítés de « Sercices Alternatifs ». Nous sommes partis en voiture, vers les Pyrénées, rencontrer des bénévoles qui aidaient des paysans dans les villages pour diminuer l´exode rural et éviter l´abandon des villages. Puis nous sommes passé au Larzac, où il y avait l'Association pour la promotion de l'agriculture sur le Larzac (APAL), une communauté s' était installée dans la ferme des Truels, Lanza del Vasto fit un jeûne contre l´extension du camp militaire en 1972 dans le bourg de La Cavalerie.
En janvier 1976, je commençai un stage à la Communauté de l´Arche de La Borie Noble près du Larzac. Je souhaitais connaître ce mouvement de non-violence fondé par Lanza del Vasto, qui a cherché à dépasser sa foi chrétienne en devenant disciple de Gandhi. J´ai dû changer mes plans, j´ai reçu ma convocation et mon ordre d´affectation pour l´ONF. Je quittai l´Arche avec l´intention de revenir très bientôt, car je devais me présenter à une caserne à Paris pour recevoir le document pour me rendre à l´ONF et recevoir un paquetage d´habits militaires.
Visite à Paris
Je reçu mon ordre pour aller rejoindre le Service Civil à l´ONF et um paquetage assez lourd et encombrant. Je suis aller à la Poste du quartier, pour expédier ce gros paquet d´habillements militaires, et l´envoyer à notre ferme de Normandie. Ainsi je suis devenu « Objecteur Insoumis » en refusant d´aller à l´ONF, avec l´intention de faire un Service Civil de deux ans qui soit utile pour construire un monde meilleur, conforme aux idéaux du Royaume de Dieu, et promouvoir dans la société, la paix, la justice et la non-violence.
Je profitai de mon passage à Paris pour visiter quelques groupes religieux, avec l´intention de retourner à l´Arche à la Borie Noble dans le Hérault.